jeudi 5 novembre 2009

Les Archives départementales au coeur d'un conflit


La salle de lecture des archives départementales
attend toujours ses visiteurs. (Photo Fanny Holveck)



Soixante kilomètres d'archives, une immense salle de lecture, 47 magasins de 200 m2 chacun, des couloirs à n'en plus finir...le nouveau bâtiment des archives départementales en impose. Pourtant, les rayonnages restent vides.  Les documents administratifs devraient s'y entasser depuis le printemps 2008, mais le déménagement n'a jamais eu lieu. Le Conseil général a refusé à trois reprises de réceptionner le bâtiment, le jugeant inapte à recevoir les documents en raison d'un problème d'humidité.


Les Archives de France recommandent un taux d'humidité de 50% avec plus ou moins 3% de tolérance. Des mesures ont été effectuées sur plusieurs mois dans le nouveau bâtiment. "Les expertises révèlent un taux d'humidité supérieur à 55%", affirme Pascale Verdier, directrice des archives départementales. "Les magasins de conservation sont actuellement trop influencés par l'ambiance extérieure. Quand celle ci est, par exemple, trop humide, les moisissures ou micro-organismes présents dans l'air ambiant risqueraient de se développer et de mettre en péril les collections".
Le conflit oppose la maîtrise d'ouvrage, à savoir le Conseil général, à la maîtrise d'oeuvre, qui regroupe le cabinet d'architectes, le bureau d'étude ainsi que l'entreprise responsable des travaux de climatisation et de traitement d'air. Le Conseil général a intenté une action en justice contre la maîtrise d'oeuvre. Alain Oesch, l'architecte qui a mené le projet, dénonce une situation scandaleuse.







Pour le Conseil général, pas question de déménager les archives dans un lieu qui pourrait présenter un risque.  "Il est nécessaire de faire des travaux correctifs afin de remédier à cet état de fait", précise Pascale Verdier. Les archives pourraient s'installer dans les nouveaux locaux en 2011. D'ici là, les 30 000 mètres linéaires de documents administratifs sont toujours rue Fischart. Problème : une partie des locaux devra être libérée au mois de mars prochain pour accueillir des livres de la bibliothèque nationale universitaire. Selon Pascale Verdier, une partie des documents sera conservée aux archives municipales et communautaires, au 32 route du Rhin, une autre dans un entrepôt loué par le département, la dernière dans une société privée. Un ultime voyage spatial, avant d'arriver enfin à destination, en face du Vaisseau.

Mickaël Brunner
Fanny Holveck

Le bunker oublié


 L'entrée du bunker de la place Henri Will a été condamnée à la fin de la guerre.
(Photo : Aveline Marques)


Depuis quelques semaines, le conseil de quartier se penche sur le réaménagement de la place Henri Will. Mais lors de la dernière réunion, quelqu'un leur a rappelé l'existence d'un vestige qu'il n'avait, jusqu'ici, pas pris en compte : un bunker, long de 35 mètres, dont seul le toit est visible. "Je pensais que c'était une piste de skate", a plaisanté Marc Brenner. Le porte-parole du conseil de quartier n'est pas le seul Neudorfois à ignorer, ou  à avoir oublié, l'existence de cet abri construit par les Allemands en 1941.

Richard Seiler, président du comité Strasbourg-ville du Souvenir français, écrit un livre sur les bombardements de Strasbourg. Originaire du quartier, il nous éclaire sur le sujet.

Que faut-il faire de ce bunker, selon vous ? 



Les bombardements alliés ont fait 214 victimes à Neudorf. Avez-vous trouvé refuge dans un bunker à l'époque ?



Mickaël Brunner
Aveline Marques

Neudorf a 519 amis

Sur Facebook, certains quartiers de Strasbourg s'affichent. Et en nombre de membres, fans et amis, c'est Neudorf qui est en tête du palmarès avec 519 personnes. Une véritable communauté, en comparaison des quelque 300 membres du revendicatif "Je viens d'Hautepierre, j'y ai grandi, j'ai pas mal fini et je t'emm....", et des pages de la  Krutenau ou du Neuhof qui réunissent chacun une centaine de fans. 





Le créateur, Edouard Bams, est un habitant nostalgique de l'avenue Jean-Jaurès et un ancien du lycée Louise-Weiss. Il a créé le groupe en 2007, pour retrouver l'ambiance de son quartier et discuter des évolutions liées aux transports, aux commerces, évoquer les souvenirs. 



Sur 519 membres, il y a beaucoup d'amoureux : "Inimitable et authentique" pour Estelle, "Strasbourg Neudorf forever" selon Jenny, ou le passionné, François : "Neudorf, c'est une histoire d'amour qui ne se terminera jamais". 


Les anciens élèves du quartier cherchent des camarades, à l'image de Thierry : "Mon souhait serait de retrouver des anciens copains de l'école du Neufeld ou de l'école de la Musau, ou même des voisins". Les nouveaux arrivants, comme Aurore, ou Ludovic pour qui "ce quartier est trop cool", veulent des bons plans du quartier. 


En revanche, le groupe est moins dynamique pour la mise en ligne de photos :  seulement  12 clichés de la bibliothèque Malraux, du cinéma et de Rivétoile. Ces aménagements remportent tous les suffrages auprès des amis de Neudorf. Le créateur estime que "ceux-ci ont boosté la culture et la socialisation". Même chose dans le post d'Elsa, pour qui "cela met du nouveau dans le quartier". 


Un manque d'actualité aussi dans les discussions en ligne : l'administrateur a lancé, à la création du groupe, un débat sur les lignes de tramway. Chou blanc. Aucun échange dans les forums, mais juste des constats sur le mur de la page. Les anciens résidents se contentent d'évoquer les anciennes lignes de bus. 


La description de la page du quartier annonce de toute façon la couleur : il ne s'agit pas, pour les membres du groupe, de se lancer dans de grands débats, mais d'évoquer leur madeleine de Proust, "le plus beau quartier de Strasbourg". 


Cécile Thomas

Les autorités d'autrefois: les corporations en exposition

La grande histoire pour les petits aussi:
exposition aux Archives. (Photo Cécile Thomas)




Elles avaient une influence politique non négligeable, ont protégé leurs métiers, et chacune d'entre elles était une unité militaire: l'histoire des corporations à Strasbourg fait le sujet d'une exposition aux Archives de la ville jusqu'au 11 décembre. Environ 90 pièces sont exposées, dont beaucoup de documents originaux. "Le but de cette exposition, explique Franck Burckel, employé des Archives, c'est de valoriser nos fonds, de les montrer au public. En effet, beaucoup de documents ne sont jamais consultés, ce sont toujours les mêmes que le public tient à lire."
Nées au Moyen-Âge et interdites avec la Révolution, les corporations ont pendant longtemps influencé le développement des métiers et du commerce. À Strasbourg, 20 corporations se sont établies qui ont laissé des traces dans la ville: les noms de rues, quelques inscriptions sur d'anciennes maisons.
A l'époque des corporations, Neudorf était encore un village, avec ses prés et ses cultures maraîchères. La corporation des jardiniers était la plus influente. Surprenant quand on sait qu'à l'heure actuelle, les espaces verts se font rares à Neudorf.

Visite de l'exposition:




Kathrin Aldenhoff

mercredi 4 novembre 2009

Trois terrains, un seul preneur


Le terrain situé au 24, rue du Ziegelfeld.

(Photo : Aveline Marques)

Lancée en mai dernier par la Communauté urbaine de Strasbourg (CUS), l'opération "Dix terrains pour dix immeubles durables" n'aurait attiré qu'un seul groupe à Neudorf alors que trois terrains sont proposés dans le quartier (voir le fichier PDF décrivant les terrains).
 
L'initiative semblait pourtant alléchante : la CUS met à disposition dix de ses "dents creuses" -parking sauvages, immeubles vides ou bien terrains vagues- pour y expérimenter l'auto-promotion. Les particuliers intéressés se regroupent afin de concevoir, financer et réaliser ensemble un projet immobilier écologique, en se passant de promoteur, comme ils le feraient pour une maison individuelle. La CUS vend son terrain au projet gagnant.

Mais à trois semaines du dépôt des candidatures, les groupes ne se battent pas pour les terrains de Neudorf, alors qu'ils sont 17 sur les sept autres terrains disponibles dans l'agglomération. Hélène Risler fait partie des trois couples à s'être lancés dans l'aventure. Ils ont choisi le terrain situé au 24, rue du Ziegelfeld (voir ci-dessous). "On habite à 50 mètres et on aime le quartier", explique-t-elle. Puis, un autre couple, qui visait au départ le terrain situé rue de la Ziegelau, les a rejoint. "Mais on a finalement choisi de rester sur le terrain rue du Ziegelfeld parce que l'autre était situé dans un quartier bruyant et qu'il n'y avait pas la possibilité de faire un jardin". Avec le ralliement d'un troisième couple et de médecins du quartier intéressés pour construire un cabinet au rez-de-chaussée du futur immeuble, le groupe est désormais au complet.









Localisation des trois terrains neudorfois mis à disposition par la CUS.


Samedi dernier, Hélène Risler et quelques uns de ses partenaires sont allés visiter le chantier de "l'éco-logis", situé rue de Lunéville. L'occasion de profiter de l'expérience et de glaner quelques informations utiles pour monter leur pré-projet. "Pour l'instant, on sait qui veut quoi, on a un architecte et on est entrain de voir ce qu'il est possible de faire, avec quels matériaux", explique-t-elle. "C'est un investissement en temps très important mais l'auto-promotion, c'est avantageux". Dix à 20% du prix pourrait être économisé. Hélène Risler compte également sur une baisse du prix du terrain en contrepartie des "efforts écologiques".


La commission qui désigne les projets lauréats de chaque terrain se réunira mi-janvier. Le tout devra ensuite être avalisé en conseil municipal. Si tout se passe bien, la construction commencera en 2011 et les couples pourront emménager rue du Ziegelfeld dans deux ou trois ans.


Aveline Marques

Se souvenir des tout-petits

Au cimetière Saint-Urbain de Neudorf, au milieu des tombes fleuries à la Toussaint, un petit espace est occupé par des peluches mouillées par la pluie. Plusieurs plaques avec des prénoms, des surnoms, recouvrent le sol : Océane, Mona, "ma toute petite fille", "mon coeur"... A cet endroit, une stèle, où les parents ayant perdu un enfant avant terme ou avant l'âge de deux ans peuvent venir se recueillir.



(Photo Cécile Thomas)


Ce monument du souvenir a été inauguré en juin 2009, à l'initiative de Nos tout-petits d'Alsace. Rosanna Leguay, sa vice-présidente, présente le fonctionnement de l'association, créée en 2005.

lundi 2 novembre 2009

"Eco-quartier": une fête pour l'avancement des travaux


Neuf ans après le lancement du projet, les propriétaires des onze logements de l'immeuble durable situé rue de Lunéville, se sont réunis samedi 31 octobre pour célébrer la "fête du sapin", qui marque la fin des travaux de la charpente. Ils sont tous membres de l'association "Eco-quartier Strasbourg", qui soutient l'auto-promotion. Il s'agit pour les particuliers de se regrouper afin de concevoir, de financer et de réaliser ensemble un projet immobilier écologique, en se passant de promoteur. 
Les futurs habitants, qui comptent emménager en juillet, ont invité les autres membres de leur association qui veulent se lancer dans l'aventure, à venir visiter les lieux. L'occasion de leur faire partager leur expérience.